Femme Actuelle

Docteur en pharmacie, Tatou Korotoumou Haïdara est une jeune Malienne de 27 ans, mariée et mère d’une adorable petite fille. Tatou est le prototype des jeunes femmes modernes que l’on rencontre partout à travers le monde. Les spécificités de son pays mises à part, le mode de vie, les désirs et les appréhensions de Tatou démontrent fort heureusement que nous vivons tous sur la même planète.

Travailler, est-ce une nécessité pour vous ?
Ah oui ! et encore plus depuis que je me suis mariée !

Le choix de cette profession ?
Un hasard total ! Au départ je voulais être gynécologue puis pédiatre, mais n’ayant pas fait la section Biologie, j’avais commencé à prendre les contacts nécessaires afin d’obtenir une orientation en Médecine et puis juste avant le Bac, je ne savais plus ! Mes parents étaient très embêtés et finalement après avoir conclu que l’École Nationale de Médecine et de Pharmacie (actuelle FMPOST) était la meilleure école de la place, j’ai opté pour la pharmacie plus par instinct qu’autre chose, tout en espérant ne pas avoir à le regretter. Dieu merci, tel n’ est pas le cas.

Les réalités de cette profession sont-elles éloignées de vos attentes ?
Non, pour le moment tout cadre bien.

Trouvez-vous que les pharmacies "par terre" font une concurrence déloyale aux officines ?
Au Mali, il n’y a pas encore de concurrence à ce niveau contrairement au Bénin et au Togo. Cela n’en reste pas moins un phénomène très dangereux que l’ordre des pharmaciens combat à travers des spots de sensibilisation radio et audio-visuels. (Musow compte faire un article plus approfondi sur le sujet.)

Votre situation de femme vous favorise-t-elle dans votre domaine ?
Pas particulièrement.

Votre vie professionnelle empiète-t-elle sur votre vie familiale ?
(sourire) ça commence...

La croyance veut que la femme africaine connaisse systématiquement des difficultés dans son travail, qu’elle soit toujours obligée de le sacrifier au bénéfice de son foyer. Qu’en pensez-vous ?
Je pense que c’est un choix personnel et cela dépend des priorités de tout un chacun et non pas un passage obligé pour nous les femmes africaines. Cependant, il faut savoir, malheureusement, que le milieu dans lequel vit la femme joue beaucoup dans cette prise de décision qui souvent, lui est imposée.

Nous savons que votre diplôme est récent. Comment vous voyez-vous d’ici à cinq ans, professionnellement parlant ?
(rires) Je n’aime pas parler trop vite, mais je me suis fixé des objectifs et j’espère qu’ils seront atteints.

Et sur le plan familial ?
L’idéal serait de réussir sa vie de famille. Mais c’est tellement court, cinq ans !

Votre plus grand bonheur dans la vie ?
(sans hésiter :) Ma fille.

Quels conseils pourriez-vous donner à toutes ces jeunes demoiselles de l’école de pharmacie ?
Que l’essentiel est d’aimer ce que l’on fait, c’est vraiment important et contrairement aux classes de Médecine qui s’allègent crescendo, les cours en pharmacie s’intensifient et le seul moyen de s’en sortir est de travailler intelligemment et surtout ne rien laisser s’accumuler ; le reste viendra tout seul. Cependant le marché pharmaceutique n’est plus si "évident" actuellement et l’officine n’est plus aussi lucrative qu’auparavant mais il faut savoir que pharmacie n’égale pas obligatoirement officine et que c’est un domaine très diversifié.