Diva du nord ou Colombe du désert, la chanteuse qui jadis partageait le podium de star numéro un du septentrion malien avec Aly Farka Touré, a été depuis fort longtemps reléguée aux oubliettes. " Top Etoile " et " Samedi loisirs " n’en font plus leur menu et la promotion qu’elle mériterait lui échappe au fil des années. Hayra ARBY, la star qui chante la paix et l’amour, la vedette des grands fêtes du Nord, scrute l’horizon tel un vieux poète sur une plage déserte au clair de lune. Née le 21 septembre, 1959, à Tombouctou, elle est mariée et mère de cinq enfants. Nous l’avons rencontrée pour vous.
ANN : A quel age avez vous débutez votre carrière de chanteuse ?
J’ai commencé à chanter en 1972 avec la troupe de Tombouctou. Mes parents ne voulaient pas que je fasse de la musique et finalement en 1976, vu comme je m’y était obstinée au fil des années, mon père s’est imposé et m’a donné en mariage. J’ai arrêté de faire de la musique durant cette période et ce n’était qu’en 1980, après mon divorce, que j’ai embrassé le micro et repris le chemin des sentiers battus, toujours avec la troupe de Tombouctou. Au bout de neuf ans, j’ai décidé de faire carrière seule. Je me suis trouvée confrontée à de grandes difficultés car je voulais enregistrer un album mais je ne savais pas par où commencer ni à qui m’adresser. Après de longues recherches et avec beaucoup de courage, j’ai trouvé un producteur, M Abdoulaye SAMASSA de Samassa Records, qui m’a aidée énormément avec l’enregistrement du premier album, " MOULAYE ", en 1989, apparu sur le marché en 1991.
" Moulaye " est votre seul album jusqu’à présent ?
En fait, non. Après 9 longues années d’absence du marché discographique, j’en ai sorti un deuxième. Mais j’avais d’énormes problèmes avec le studio d’enregistrement de El Hadj N’DIAYE à Dakar (le studio 2000) à cause d’une mauvaise sonorisation et un mixage de basse qualité et donc mon producteur a décidé d’arrêter la production après la sortie de seulement 2000 cassettes.
Vous avez travaillé avec quels artistes au cour de votre carrière ?
Vous savez, j’ai résidé à Bamako pendant 5 ans et durant cette période j’ai travaillé avec des grands orchestres de la capitale, à savoir le Badéma avec Harouna BARY, mais j’ai surtout beaucoup travaillé avec l’orchestre régional de Tombouctou, le " DIABA ".
A quoi est dû votre départ du DIABA régional ?
" sans commentaire ".
Puisque vous ne chantez plus avec l’orchestre, avec quel groupe travaillez vous ?
A présent, j’ai créé mon propre groupe qui s’appelle " le Sahel " afin de faire une carrière solo et d’aider les autres jeunes artistes à s’épanouir.
Est-ce que vous avez un album en vue ?
Dieu merci, oui. La maquette de mon troisième album est chez mon producteur et, même si nous sommes quittés le 20 juillet dernier, nous sommes en contact permanent.
Merci !
Interview donnée par Hamdol Touré de Tombouctou